Musée automobile Toyota Partie 2: voitures pour tous et voiture pour course

Nous voilà arrivé(e)s dans les années 1920…
C’est la reprise économique après la première guerre mondiale: on enregistre dans ces années la plus forte croissance économique, et l’automobile est LE secteur qui est le plus impacté.

Chevrolet 490 - 1918

Chevrolet série 490 – 1918

Avec un tarif de 490 dollars (d’où le nom), c’est grâce à cette voiture que Chevrolet va pouvoir devenir un constructeur automobile majeur aux Etats Unis.
Conçu pour arracher une part du gâteau aux Ford T, elle a fasciné les clients de l’époque avec une transmission 3 vitesses et un moteur à soupape en tête (qui permet une meilleure circulation de gaz et un meilleur taux de compression que les moteurs à soupape latérale).

Désormais, il ne suffit plus de faire une voiture pas chère: il faut arriver à faire une voiture séduisante avec un prix abordable.
Ford va donc perdre progressivement son monopôle face à la concurrence qui, aligne des voitures mieux équipées au tarif compétitif…
Mais aveuglé par son succès initial, Ford va attendre jusqu’à 1927 pour renouveler son produit…

Chevrolet Superior Serie K - 1925

Chevrolet Superior Serie K – 1925

C’est d’ailleurs avec cette Superior Série K, que Chevrolet va dépasser le mythique Ford T à partir de 1927, en terme de nombre de véhicules produits.
Pour cause, les Chevrolet ne cessent de s’améliorer en puissance motrice, confort (moins de vibration) et qualité des accessoires.

D’ailleurs, c’est là où le groupe GM va commencer sa stratégie de « plateforme A »: le châssis sera partagé avec d’autres marques du groupe, comme Cadillac, Buick, Oldsmobile, Oakland et GMC.
Oups…en faite, on n’a rien inventé avec la stratégie des plateformes (MQB du groupe Volkswagen par exemple) très en vogue en ce moment…

Austin Seven - 1924

Austin 7 – 1924

Du côté vieux continent, cette Austin 7 britannique deviendra la véritable star du début de mondialisation: elle sera copiée par BMW pour créer sa première voiture, mais aussi Nissan.
(comme quoi, à l’époque, il n’y a pas que les japonais qui font des imitations…)

Produite à 250 000 unités pendant 17 ans, elle est appréciée par beaucoup de pays dans le monde, car les anglais ont réussi à offrir un mécanisme et des équipements de grande voiture dans une voiture de petite dimension. (peut-on appeler ça « la citadine avant l’heure »?)

Citroën 5CV Type C - 1925

Citroën Type C (appelé aussi 5HP) – 1925

Bien sûr, on ne se laisse pas abattre du côté français: André Citroën veut aussi être le « Ford de la France », et fabrique en série cette petite voiture moins puissante, pour être en adéquation avec les réglementations. (visiblement, concevoir les voitures conformément aux demandes du gouvernement est une mauvaise habitude française qui ne date pas d’hier)

Elle va se démarquer en France avec son démarreur électrique, mais, elle sera surtout connu dans le monde entier avec les publicités innovantes (dessiné en lettre fumée « Citroën » dans le ciel de Paris) et Citroën va aussi proposer, pour la première fois, des formules de crédit pour financer son auto.

Les édifices de la réussite des vente en masse des voitures : publicité et produit financier, sont déjà bâtis dès les années 20.
On aimerait une fin heureuse pour cette voiture surnommée « Petite Citron », mais sa production ne sera pas rentable et Citroën sera obligé d’arrêter sa production en 1926.

Bugatti type 35B - 1926

Bugatti type 35B – 1926

Les années 1920 c’est aussi les années de courses automobiles, et la France peut être très fière de ses Bugatti type 35 qui ont remporté pas moins de 2000 victoires en compétition dont 5 succès consécutifs à la Targa Florio (course automobile italienne utilisant les routes de Sicile, et a donné nom à la fameuse Porsche 911 « Targa »).

Cette voiture de course produite en série a gagné ses compétitions grâce aux nombreuses innovations qu’elle embarque:

  • Moteur en matériau aluminium: gain de masse et meilleure répartition de poids
  • Roues en aluminium coulé: légères, plus efficacement refroidies et dessinées pour éviter de déjanter lors d’une crevaison
  • Utilisation de roulements à billes et à rouleaux permettant de monter le régime moteur jusqu’à 6000 tours par minute
  • Un châssis allégé grâce à l’utilisation des longerons à section variable et l’essieu avant en une seule pièce

Ces innovations deviennent des choses courantes sur les voitures de nos jours, mais à l’époque, ces avancées techniques ont permis à cette voiture légendaire d’avoir un comportement routier exceptionnel et une vitesse de pointe de 186 km/h.

Bentley 4 1/2 litres - 1930

Bentley 4 1/2 Litre – 1930

Une voiture de course emblématique venue du Royaume Uni: cette Bentely 4 1/2 Litre est issu de la philosophie « There’s no replacement for displacement ».
Traduction: pour avoir plus de puissance, rien de mieux que l’augmentation de la cylindrée! (= les compresseurs c’est pour les gonzesses!)

Ironiquement, ce sont les versions suralimentées fabriquées officieusement par les passionnés britanniques fortunés (qu’on surnomme « Bentley Boys ») qui vont gagner quelques courses, dont les 24 Heures du Mans.
Le fondateur de Bentley continuera de pester contre ces « machines suralimentées dénuées de fiabilité », et visiblement, ses idées sont reprises 70 ans plus tard par les constructeurs japonais qui continuent à persévérer en moteur atmosphérique (ex: Mazda SkyActiv ou Moteur atmosphérique Atkinson Toyota), alors que les allemands et les américaines préféreront les moteurs turbo (ex: Ford EcoBoost ou Volkswagen TSI).

 

Voici Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport…considérée par les spécialistes comme un modèle de légende dans l’histoire du constructeur italien.
Ce chef d’oeuvre de Jano Vittorio embarque un moteur 6 cylindres DOHC (double arbres à came en tête) léger et suralimenté par un compresseur mécanique, il a triomphé de nombreux concours comme Mille Miglia.

Cette voiture m’évoque cette époque où le sport motorisé mêlait romantisme et le bonheur de l’aventure, et je vous conseille de regarder un des chef d’oeuvre de Miyazaki « Porco Rosso » (disponible en français, primé au festival d’Annecy) pour mieux comprendre ces années nostalgiques où le nom du designer signifiait encore quelque chose:

La couleur rouge de l’hydravion de Porco Rosso rappelle d’ailleurs singulièrement le rouge de cet Alfa Roméo, et probablement le même rouge vif repris par Renault Clio IV et…Prius 4?

 

Author: Félix Wong

Ancien ingénieur mécanique en aéronautique, je suis devenu un passionné automobile avec la technologie hybride...
J'aime aussi la bonne cuisine (et le faire), la photographie, et améliorer proprement son véhicule.

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