Musée Automobile Toyota Partie 3 : l’ère aérodynamique

Nous voilà dans la 3ème partie de la visite du musée automobile Toyota, pour parler des voitures des années 30.

Les années 1930 marquent une ère nouvelle dans l’histoire automobile: Aérodynamique automobile.
Bénéficiant de nombreux retours d’expériences du secteur aéronautique, poussé par l’enthousiasme public vis à vis de la société future et le besoin après-crise de baisser la consommation de carburant, on voit fleurir aux Etats Unis la mode « Streamline moderne » dans le design de nombreux produits industriels.

Le design industriel

Le design industriel des années 30 est fortement marqué par les lignes aérodynamiques « goutte d’eau » – Musée Automobile Toyota

Le pionnier américain : Chrysler Airflow et ses descendants

Le véhicule le plus emblématique en aérodynamique automobile, est probablement cette De Sunto Airflow Série SE de 1934:

Commercialisée par Chrysler, cette Airflow possède des lignes très fluides et permet une consommation moyenne de 13 litres aux cents!

Malheureusement la forme est beaucoup trop extravagante pour ne pas dire extraterrestre au grand public…
Malgré nombreuses innovations techniques (structure semi-monocoque, banquette avant 3 places, pare brise incurvé…etc), ce véhicule était beaucoup trop en avance, et ce fut un échec commercial total (moins de 5000 véhicules vendus par an) pour Chrysler. Comme quoi, il n’y a qu’un pas entre un fou incompris et un génie admiré.

Cependant, elle constituait une véritable référence technologique pour les autres constructeurs qui ne cesseront pas de s’en inspirer (comme Peugeot 402).
(pour en savoir plus: Chrysler Airflow 1934 : « Trop loin, trop tôt »)

Chevrolet Master Series DA

Chevrolet Master Series DA 1934 – Musée Automobile Toyota

Pour comprendre à quel point cette Airflow était en avance, il suffit de regarder cette Master Série DA de la même année (qui a inspiré la première voiture de Toyota).
En effet, malgré l’adoption de quelques traits aérodynamiques, le compartiment moteur reste encore très cubique.

Cette Master DA a marqué l’histoire avec son radiateur sous forme de V, utilisation massive de pièces chromées et…la suspension avant indépendante pour un meilleur confort!

Lincoln Zephyr 1937 est une des premières voitures de forme aérodynamique à rencontrer un succès commercial.
D’ailleurs, on pourra noter que 1937 est justement l’année de l’apogée de la mode Streamline moderne… (« Just in Time » dira un certain japonais…)

Chose marquante dans l’histoire aérodynamique automobile: c’est la première voiture à intégrer les phares avant dans la carrosserie!

Comme vous pouvez voir dans les photos ci-dessus, la forme aérodynamique empiète le volume de l’habitacle des places arrières et celui du coffre.
Pour résoudre ce problème, Cadillac a développé en 1938 cette Série 60 spécial, véritable ancêtre des berlines tri-corps que nous avons aujourd’hui:

Pour finir ce chapitre, dans ces années 1930, les summums du design le plus aérodynamique sont sans doute ces deux véhicules ci-dessous:

Cette Cord Front Drive modèle 812 est une traction avant qui a marqué l’esprit avec ses phares escamotables.

Cette Delage D8-120 1939 est une sportive française produite par la marque Delahaye.
La carrosserie est issue des 2 meilleurs fabricants français de l’époque: Figoni et Falaschi.

Du côté européen: la voiture du peuple va à la guerre

Evidemment, l’Europe est aussi très active dans l’automobile entre deux guerres.

La France, avec sa Citroën Traction avant, marque un véritable tournant dans l’histoire automobile:

Citroën Traction Avant - 1937

Citroën Traction Avant – 1937

C’est la première voiture traction avant (FF: Front engine front drive) produite en série.
Pour ceux qui n’ont pas compris son intérêt, le musée automobile Toyota a réalisé un beau schéma explicatif:

Comme on peut voir

Comme on peut voir, la traction avant permet d’économiser un espace considérable dans l’habitacle

Cette technologie permettra de fabriquer des voitures spacieuses, pour beaucoup moins cher…
Elle va rendre possible des voitures spacieuses familiales «démocratisables», des années plus tard…

Ironiquement, dans ces années 30, l’essor de l’automobile populaire se trouve plutôt dans deux pays totalitaires, l’Italie de Mussolini et l’Allemagne d’Hitler.
La voiture, objet de convoitise des classes populaires, est le meilleur cadeau que ces deux politiciens populistes habiles utiliseront pour obtenir leur soutien.

Fiat 500 Topolino – 1936 – notez sa forme aérodynamique

Sous l’ordre du grand «Duce», l’industrie italienne a réussi à sortir cette voiture légendaire, Fiat 500, dont la légende continue de vivre aujourd’hui.
(PI: 500 vient de son moteur 500 cc)

Malgré sa petite taille, cet italien procure un espace intérieur assez confortable.
La Fiat 500 a d’ailleurs des équipements mécaniques de luxe pour l’époque, comme la suspension avant indépendante et les freins hydrauliques.

Elle est si réussite, que le chancelier allemand Adolf Hitler a ordonné Ferdinand Porsche de réaliser une voiture similaire.
(Avant 1939, l’Italie fasciste était plutôt le « grand frère », admiré et craint par les nazis allemands)

Volkswagen 38

KdF Wagen 1938, appelé plus tard Volkswagen Käfer (Coccinelle)

De ce projet est né une autre voiture légendaire, la Coccinelle.
Et de cette voiture est née la marque Volkswagen.

Mais dans l’âge sombre allemand, elle fut plutôt appelée « KdF Wagen » (« Kraft durch Freude », la Force par la joie).
Elle était inspirée de Lincoln Zephir que nous avons mentionné plus haut, et techniquement, elle est innovante avec sa configuration moteur arrière +refroidissent à l’air.

Certaines mauvaises langues diront que comme cette marque, cette voiture était un mensonge car elle ne sera jamais produite pour le grand public (et Mussolini pourra être fier que sa Fiat fut le cas). Ce sera son dérivé Kübelwagen, un petit véhicule de liaison (low cost, 2 roues motrices) qui sera produit à 50 000 exemplaires pour l’armée allemande.

Contrairement à l'Allemagne, les américains peuvent se permettre de produire un vrai 4x4 militaire

Jeep (Ford GPW), l’équivalent de Kübelwagen. Mais contrairement à l’Allemagne, la puissante industrie américaine peut se permettre de produire un vrai 4×4 militaire. Alors que Kübelwagen doit être en dessous de 800 kg pour avoir une certaine capacité d’affranchissement.

Toujours dans ce thème de la guerre, après des voitures de troufions, on aura droit à des voitures de dirigeants, collectionnées dans ce musée Toyota:

Voiture présidentielle de Roosevelt -

Voiture présidentielle de Roosevelt – 1939

Il s’agit d’une Packard Twelve, réputée pour sa fiabilité et son moteur V12 bien insonorisé.
Toujours dans ce thème de «l’isolation», elle est pourvue d’un blindage de 7 à 14 mm et des vitres blindés (ce qui engendre un surpoids de 1,3 tonnes).

C’est vraiment un très grand plaisir de voir cette voiture dans la collection du musée automobile Toyota.

Mercedes Benz 500K - 1935

Mercedes Benz 500K – 1935

Du côté de l’Axe, on va trouver cette magnifique sportive Mercedes Benz 500K, ancêtre des séries SLK.
Son successeur 540K sera utilisé par plusieurs dignitaires nazis, comme le maréchal de Luftwaffe Hermann Göring.

Prochain chapitre: les voitures européennes et américaines après guerre!

Précédents articles :

Musée automobile Toyota partie 1 : l’histoire auto en Europe et en Amérique

Musée automobile Toyota partie 2 : la course

 

[Total: 9 Moyenne: 5]

Author: Félix Wong

Ancien ingénieur mécanique en aéronautique, je suis devenu un passionné automobile avec la technologie hybride... J'aime aussi la bonne cuisine (et le faire), la photographie, et améliorer proprement son véhicule.

Share This Post On

3 Comments

Submit a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share This