Face aux critiques sur le manque de puissance des coupés GT86 et BRZ, Toyota et Subaru pourraient répliquer avec une version hybride pour la prochaine génération attendue en 2019. A quoi pouvons-nous nous attendre?

 

Le coupé plaisir « à l’ancienne »

C’était en 2012. Toyota et Subaru dévoilaient le fruit de leur collaboration : un coupé, ou plutôt deux coupés,  propulsion et animés par un moteur « Boxer », comprenez quatre cylindres à plat, fournissant une puissance de 200 chevaux. Bref, une philosophie « à l’ancienne » promettant un grand plaisir de conduite malgré une puissance plutôt modeste.

Les performances ne sont effectivement pas le point fort des Toyota GT86 et Subaru BRZ avec un 0 à 100 km/h abattu en 7,6 secondes. Mais là n’est pas l’essence de ces coupés puisqu’ils misent avant tout sur un châssis dynamique et équilibré, un moteur vif qui ne demande qu’à grimper dans les tours, et un goût certain pour le drift.

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La Toyota GT86 n’a pas peur de la neige!

 

 

Une GT86 hybride: un projet de longue date

Tout fraîchement restylés, les deux coupés auront bien une descendance malgré le succès commercial mitigé des générations actuelles.

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Les deux coupés viennent de subir un léger rafraichissement.

Face aux critiques sur le manque de puissance, Toyobaru pourrait bien faire appel à une motorisation hybride sur les prochaines moutures si l’on en croit le site Autoevolution.

Une Toyota GT86 hybride? Ce n’est qu’une demi-surprise car, déjà au Salon de Francfort 2013, Koei Saga, responsable du département motorisation chez Toyota évoquait dans un entretien avec Autocar qu’une variante hybride de la GT86 était en développement.

Néanmoins, depuis, plus aucune nouvelle information à ce sujet n’avait émergé et l’idée semblait avoir disparu des projets. La voilà qui resurgit aujourd’hui et qui semble plus vraisemblable que jamais. D’autant plus que la prochaine Supra prévue pour 2018 pourrait, elle aussi, passer à la combinaison essence-électrique.

 

L’hybride pour faire taire les critiques

L’hybridation des coupés permettrait un gain en performance et en couple sans faire appel à un turbo et sans augmenter la puissance du moteur thermique. Ce choix pourrait faire taire les critiques sur le manque de puissance tout en préservant les gènes des deux modèles.

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Le « Boxer » Subaru sous le capot de l’actuelle GT86.

En outre, le malus écologique pouvant s’étendre de 3000 à 7000 € pour la GT86 et le BRZ, le passage à l’hybride permettrait de réduire la consommation et donc d’abaisser le malus. On doute cependant que les propriétaires de ces deux véhicules aient comme vocation principale de réduire leur empreinte carbone lorsqu’ils conduisent leurs engins.

On ignore pour le moment les spécificités de cette potentielle motorisation hybride mais les constructeurs devront veiller à contenir le poids et à préserver la répartition des masses (47/53) pour éviter de déplacer le « problème ». Une batterie placée sous le plancher permettrait même un centre de gravité abaissé et une voiture virant encore plus à plat.

 

Subaru fait aussi de l’hybride

La technologie hybride est le fer de lance de Toyota mais elle n’est pas inconnue à Subaru dont, rappelons-le, Toyota est actionnaire à hauteur de 16%. Ainsi, depuis 2014, le SUV XV Crosstrek peut être en choisi dans une version électrifiée. Étonnamment, la technologie utilisée est conçue par Subaru et non pas empruntée à Toyota. Le fonctionnement est néanmoins similaire (batterie NiMH, « E-CVT ») mais avec une puissance du moteur électrique bien moindre que dans les modèles de son compatriote.

En développant son système hybride, Subaru avait pour objectif principal de préserver les capacités tout-terrain de son SUV tout en réduisant les émissions polluantes. Les ingénieurs ont dû relever le défi d’une conservation de l’équilibre des masses malgré l’ajout d’une batterie et d’un moteur électrique à la transmission intégrale symétrique. Ils ont également cherché à préserver un centre de gravité (bas) et un dynamisme de conduite similaires à la version thermique. Des caractéristiques qui ne détonneraient pas sur un modèle sportif tel le duo de coupés auquel nous nous intéressons.

Le Crosstrek utilise un moteur essence 2.0 à 4 cylindres de 148 chevaux dont la consommation et les nuisances sonores ont été abaissées grâce à une réduction des frictions et à une modification du rapport volumétrique. Ce moteur est combiné à un second, électrique, pouvant assurer seul la propulsion du véhicule et dont la puissance équivaut à 13.4 chevaux, pour une puissance totale de 163 chevaux. Le tout est combiné à une boîte CVT choisie pour son efficience et qui propose un mode manuel simulant six rapports. Les deux moteurs peuvent travailler de concert jusqu’à 80 km/h. Au-delà, le moteur thermique se charge de fournir l’essentiel de la puissance. La batterie NiMH, quant à elle, est placée dans le coffre et permet un roulage en mode tout-électrique jusqu’à 42 km/h.

Si cette technologie semble pouvoir prendre place dans les GT86 et BRZ, il parait peu probable que le roi de l’hybride ne fasse pas appel à sa propre technologie, en particulier au vu de la puissance très modeste du moteur électrique utilisé dans le Crosstrek. Ce dernier ne connait d’ailleurs pas un grand succès et Subaru semble déjà se tourner vers d’autres solutions.

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Le Crosstrek hybride fait appel à un moteur électrique de faible puissance.

 

L’expérience de la course

On imagine que Toyobaru fera appel à un autre type de « transmission » que la « E-CVT » qui n’est que peu adaptée à la conduite sportive. Il est possible que Toyota utilise la technologie « Multi stage » développé pour Lexus et qui combine la E-CVT à une boîte automatique traditionnelle pour un rendu voulu plus dynamique.

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Le Multi Stage Hybrid développé par Lexus pourrait être repris par Toyota pour la prochaine GT86.

 

Toyota aurait l’intention d’utiliser son expérience accumulée en compétition pour la transférer dans un modèle de série, sans nous en indiquer davantage. On se rappellera notamment la TS050 Hybrid n°5 de la marque mise en lice aux 24 heures du Mans et dont la panne de turbo avait coûté de peu la victoire au japonais. Celle-ci faisait appel à un V6 bi-turbo de 500 chevaux combiné à deux moteurs électriques placés à l’avant et à l’arrière, le tout fournissant une puissance combinée de 1000 chevaux. Une boîte séquentielle à sept rapports y prenait place.

 

Il reste donc beaucoup d’inconnues sur la nature de la motorisation de la prochaine génération des coupés jumeaux. Hybride ou non? Moteur Subaru et système hybride Toyota? Quelle boîte pour garantir le dynamisme de conduite? Quelles technologies issues de la course transférées dans les deux modèles? Gageons en tout cas que Toyota ne voudra pas augmenter la puissance de façon démesurée pour ne pas faire de l’ombre à sa future Supra.

Rendez-vous vers 2019-2020 pour en savoir plus.

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La TS050 hybride développée pour les 24h heures du Mans.

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