En 1994, Toyota lançait le RAV4 (Recreational Active Vehicle with 4WD) qui a inauguré le segment des SUV des villes avec un succès sans précédent, puisqu’il s’en est écoulé plus de 6 millions d’unités (dont un certain RAV4 EV). Toyota, fer de lance des véhicules propres, se devait de lancer une version hybride du RAV4. Beaucoup l’attendait mais cette impatience est-elle enfin récompensée ?

Dans un contexte défavorable aux hybrides avec la baisse du bonus écologique, les ventes de ce type de véhicules progressent malgré tout en Europe (Record des ventes …). Toyota sort donc le RAV4 Hybride à un moment où il n’est plus éligible aux bonus écologiques mais c’est avec de nouveaux arguments que Toyota compte faire la « nique » aux SUV diesel !

RAV4 Hybride : nouvelle version, nouveau look

Le nouveau RAV 4 2016 arrive avec un restylage assez réussi. Un nouveau regard plus fin et étiré comme la dernière Auris et arborant un bandeau de LED de jour et des feux bi-LED. Une ligne arrière redessinée par rapport à l’ancienne version mais en réalité, seul le hayon de coffre est concerné par le restylage. Toyota reste proche du moindre centime dépensé.

Toyota RAV4 Hybride

Toyota RAV4 Hybride

Les jantes 18″ Tanami de la version « Design » donne un look Qashqai (ou Kadjar au choix) à ce RAV4. Toyota a aussi généralisé son antenne requin. Bref, l’ensemble est assez sympathique au regard et le RAV4 exerce toujours autant son pouvoir de séduction.

RAV4 Hybride : le confort avant tout

L’habitacle est accueillant quoique très sombre. Les sièges sont très confortables même si il faut un peu de temps pour trouver sa position, de laquelle on domine la route, ce qui est toujours agréable. Le soutien du dos est très bon, plusieurs heures de roulage ne m’ont pas occasionné la moindre fatigue. Ma passagère de femme a aussi noté la très bonne qualité de l’assise. Dans cette version « Design », il y a un mélange cuir-alcantara-tissu sur les sièges ainsi que le tableau de bord qui étrenne une surpiqure d’alcantara agréable à l’oeil. Les portes reçoivent aussi de l’alcantara.

Toyota RAV4 Hybride

Toyota RAV4 Hybride

Je ne trouve pas le tableau de bord spécialement attirant, surtout que les fautes d’ergonomie sont nombreuses notamment dans la position des boutons et dans la qualité des assemblages (jours nombreux entre deux plastiques, ébavurages …). Pour le coup, je suis très exigeant, non pas que je recherche une Audi Q3, mais comparativement à un Kadjar ou une Mondeo Hybrid, l’assemblage est décevant. Certes il sera durable, c’est la marque de fabrique de Toyota, mais il est temps de démontrer le savoir faire de la marque. Surtout lorsqu’il faut signer un chèque qui avoisine les 39.000€ (4 roues motrices « Design »). A moins que seul le Lexus NX ne bénéficie de ce traitement de faveur ?

Toyota RAV4 Hybride - Tableau de bord

Toyota RAV4 Hybride – Tableau de bord

Pour se mettre à la page, il faut noter la présence d’un écran de 7″ au milieu du tableau de bord et un autre de 4,2″ entouré de deux compteurs analogiques très lisibles. C’est la touche de modernité de cette nouvelle version.

Toyota RAV4 Hybride - Compteurs

Toyota RAV4 Hybride – Compteurs

Les places arrières sont très spacieuses aussi, la banquette est réglable en inclinaison. Les enfants adorent et ce sont eux qui m’ont montré le fonctionnement ! Le coffre est assez grand avec un seuil de chargement bas, mais il est surmonté d’une réhausse gênante (système E-Four et batterie probablement) car le fond plat n’est pas possible. Quel dommage ! 500L c’est toujours bon à prendre pour voyager. Le filet est livré avec deux barres en aluminium assez délicates à utiliser et finalement assez encombrantes dès que l’on veut charger un gros carton. Pourquoi Toyota ne l’a pas doté de l’ouverture sans contact qui fait jaser dans les publicités concurrentes ?

Si vous avez besoin de plus de coffre, vous pourrez tracter une remorque car il peut tirer jusque 1650 kg (remorque freinée, 750 kg en non freinée) en version 4 roues motrices.

Sur la route

Le moteur démarre de manière silencieuse et le temps de chauffe semble très rapide. Je suis assez gêné par la taille du montant gauche et du rétroviseur énorme au moment de sortir du parking. Heureusement, l’assistance de parking est vraiment réussie et pratique.

Toyota RAV4 Hybride - Rétroviseurs

Toyota RAV4 Hybride – Rétroviseurs

Les premiers tours de roues se font en silence puis le moteur démarre et là, la puissance déferle de manière surprenante. Il me faudra m’habituer à ce déferlement de zèle à chaque démarrage. Je comprendrais plus tard que le mode ECO permet d’éviter ce démarrage canon. Le freinage est enfin digne de ce nom, puissant et consistant, l’inverse de celui d’une Prius. Je profite très rapidement de la puissance du moteur 2,5L dans un silence royal. Ce moteur, désormais civilisé dans ses montées dans les tours, distille une puissance qui ne semble pas vraiment connaître de limite. On se surprend à le pousser de plus en plus fort, mais la vitesse autorisée est déjà atteinte. Passé le cap de l’essayeur qui veut savoir ce que la voiture a dans le ventre, on profite d’un système HSD renouvelé et très civilisé. Ce moteur était vraiment celui qui fallait à ce RAV4. Les phases électriques sont bien plus longues et il recharge assez vite, notamment grâce au système E-FOUR mais principalement par une meilleure électronique de puissance et une batterie un peu plus conséquente.

J’ai comparé le RAV4 à ma Prius sur la traversée d’un village et malgré son poids et son aérodynamique de SUV, il a surpassé la Prius ! Le sourire était visible sur mon visage d’essayeur du dimanche.

Qu’on ne s’y trompe pas, le RAV4 hybride n’est pas une voiture de sport, le Lexus NX est là pour ça ! Il est typé confort, prend un peu de roulis (sur l’écran 4″, il y a d’ailleurs un détecteur de roulis mais illisible, je n’ai pas compris ce qu’il faisait là !), mais absorbe avec brio toutes les inégalités. Entre une Mondeo hybride et un Outlander PHEV, sans égaler la Mondeo en confort et tenue de route et ni la motricité redoutable d’un 4 roues motrices permanentes comme l’Outlander.

La direction est très agréable même si il faut un temps d’adaptation car elle est finalement peu directe et plutôt surmultipliée. Au moins, le point milieu n’est pas flou. La tenue au cap est très bonne, le vent ne perturbe pas la tenue de route.

J’ai poussé un peu le RAV4 sur les routes de campagne défoncées et il est resté imperturbable, d’autant que les 4 roues motrices se sont avérées fort utiles pour la motricité. Il est bien aidé aussi par un train arrière à double triangulation bien calibré. Bien-sûr il est lourd avec ses 1690 kg (et encore plus en E-FOUR), il faut donc veiller à ne pas dépasser les limites de la physique dans un excès d’optimisme.

J’ai constaté que des vibrations pouvaient remonter dans le siège à certaines vitesses, probablement la monte pneumatique.

Les plus de 500 kilomètres parcourus m’ont démontré les qualités des moteurs, puissants et silencieux. Les dépassements sont une formalité et il est loin le temps où HSD rimait avec « moulinage« , « qui se traîne » et « moche » ! Au moins, le RAV4 mettra tout le monde d’accord de ce côté là. Le mode SPORT est peu utile si ce n’est pour démontrer qu’il est capable de départs canons ou de dépassements éclairs. Finalement, le mode ECO lui conviendra dans la majorité des cas. On profitera d’une puissance agréable du thermique et de phases électriques très fréquentes.

Sur autoroute, il reste silencieux (grâce à un gros travail de rigidification) et les bruits aérodynamiques apparaissent à 120 km/h sans être gênants pour autant. La sono qui équipe cette version n’est pas la meilleure (il faut viser un cran au dessus en optant pour la JBL) mais les basses sont bien présentes et le son très agréable. Les fonctionnalités multimédia demandent quelques minutes d’attention pour connecter le téléphone au Touch and GO 2, vraiment pas très véloce dans son fonctionnement.

Sur les champs

Ayant testé l’Outlander en piste à la campagne, j’ai été tenté de réaliser la même opération avec RAV4 hybride 4×4. Le temps était pluvieux mais sur une piste boueuse, il a effectué une montée sans problème. Je n’ai pas tenté d’aller plus loin, la monte pneumatique ne me semblait pas étudiée pour.

Toyota RAV4 Hybride

Toyota RAV4 Hybride

Toyota Safety Sense

C’est une option sur cette version (+700€) mais en série sur Lounge. A l’usage, toutes les fonctions (certaines sont issues du Pack Assist) :

  • Système de sécurité précollision avec détection des piétons,
  • Régulateur de vitesse adaptatif,
  • Gestion automatique des feux de route,
  • Alerte de franchissement de ligne avec aide au maintien dans la file,
  • Lecture des panneaux de signalisation,
  • Avertisseur d’angle mort dans les rétroviseurs et circulation arrière,

se sont avérés utiles avec une préférence pour la gestion automatique des feux de route même si elle n’a pas la sophistication du système Ford Dynamic LED.

Toyota RAV4 Hybride - éclairage

Toyota RAV4 Hybride – éclairage

Je n’ai pas compris pourquoi le régulateur adaptatif se désactivait en circulation à 40 km/h, rendant la main au conducteur dans un bip surprenant. Pourquoi ne pas avoir prolongé cette fonction jusqu’au freinage total comme d’autres marques ? Il faudra faire attention si votre usage de cette fonction est très régulier. Dans l’absolu, c’est un réel plus pour le confort et très facile à utiliser avec les réglages au volant de la distance séparant votre voiture de la précédente.

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Ah la consommation d’un SUV !

Avec 1690 kg sur la balance, difficile d’en faire une voiture aussi sobre qu’une Prius ! J’ai réussi tout de même à boucler tout mon parcours en 6,6 L/100 km en alternant conduite cool et énervée. Sur une phase de 100 km au départ de la Seine et Marne vers Vaucresson (Toyota), j’ai scoré à 5,7 L/100 km. Pas mal pour un poids lourd dans la circulation parisienne.

Conclusion

Ce RAV4 Hybride 4 roues motrices a tout pour plaire :

  • un moteur puissant, silencieux et agréable,
  • des phases EV nerveuses et plus fréquentes,
  • les deux (voire trois) motorisations distillent un agrément premium,
  • un excellent confort et beaucoup de place,
  • une très bonne insonorisation,
  • de nombreux éléments de sécurité,
  • une consommation raisonnable eu égard au poids,
  • et une roue de secours galette.

Voyager avec lui est très agréable même si son domaine de prédilection sera l’urbain et le périurbain où le HSD fait merveille. Il n’aura aucun mal à parcourir les autoroutes mais sa consommation ne sera pas aussi bonne que le reste du temps.

Alors l’attente de nombre d’entre vous valait-elle la peine ? Je dirai oui sans hésiter même si au moment de signer le chèque de 38.800€ (version Lounge 4×2 ou Design 4×4), soit 3000€ de plus que la version diesel, ce ne sera pas pour les économies de carburant mais pour son agrément hors pair. Avec ses faux airs de Porsche Cayenne, le nouveau et séduisant Kia Sportage Premium 2.0 CRDi 185 ch – 136 kW – 4×4 BVA est à 40.500 €. Le 3008 II arrivera prochainement et peut-être même en hybride rechargeable en 2019 ! La concurrence est rude mais parie surtout sur les versions diesel. L’occasion pour Toyota de se distinguer dans un marché croulant sous les propositions.

Il fallait bien cette version pour tuer les concurrents diesel. Pour les enterrer définitivement, une version hybride rechargeable rencontrerait un grand succès !

Galerie photos :

Vidéo :

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Motorisation

Moteur thermique (2AR-FXE) 2,5 L 16V (VVT-i) à cycle Atkinson de 152 ch (112 kW) à 5 700 tr/min et un couple maximal de 206 Nm entre 4 400 et 4 800 tr/min.

Moteur électrique synchrone à aimants permanents produit 143 ch (105 kW) et un couple maximal de 207 Nm dès le régime nul.

La puissance cumulée est de 197 ch (145 kW) ce qui laisse présager une sortie de 33 kW pour la batterie NiMH de 204 éléments.

Homologué pour 4,9 L / 100 km, soit 115 g / km de CO2 (2 roues motrices et 17″), il abat tout de même le 0 à 100 km/h en 8,3 secondes.

RAV4 Hybride 4×4 est équipé à l’arrière d’un moteur électrique de 68 ch – 50 kW à haute tension. Il ajoute 75 kg si je déchiffre bien la fiche technique.

Il possède une boîte séquentielle Shiftmatic qui servira à simuler 6 rapports de vitesse mais surtout un frein moteur en descente.

Dimensions

4,605 m de longueur, 1,845 m de largeur et 1,675 m de hauteur. Garde au sol de 177 mm.

516 Litres contre 576 Litres en diesel ou essence.

L’insonorisation

Pour arriver à un très bon résultat, les bruits, sonorités et vibrations (caractéristiques NVH) ont fait l’objet d’un traitement exhaustif.
La surface de l’isolant de plancher a été augmentée d’environ 55 % (comme sur Prius 4), la forme du revêtement de plancher arrière évolue et un matériau insonorisant est positionné autour de la plage arrière pour diminuer les bruits de roulement et ceux de l’échappement.
J’ai aussi noté des passages de roues en fibres sur les 4 roues.
Toyota indique que  » l’isolation phonique des portes avant et arrière est plus efficace grâce à la quantité plus importante de matériau insonorisant et à l’ajout d’un matériau d’étanchéité sur le pourtour des garnitures de portes, qui diminue encore les bruits aérodynamiques et de roulement. Enfin, le panneau insonorisant de tableau de bord a été agrandi et sa structure modifiée pour réduire la transmissions des bruits du moteur dans l’habitacle.

Les tarifs

Dynamic Design Lounge
RAV4 Hybride 2WD (1625 kg) 33 400 € 36 500 € 39 700 €
RAV4 Hybride 4WD (1690 kg) 35 700 € 38 800 € 42 000 €
[Total: 23 Moyenne: 4]